Brandenburg Noa

Légumes, 2020-2021

Installation, photographie

Assemblage de légumes peints en doré dans différentes cagettes. Ce projet s’inspire de l’arte povera, l’objectif étant de transfigurer les légumes en œuvres d’art, de changer de regard et de perception sur eux. Chaque élément est utilisé pour sa qualité d’objet : le légume pour lui-même, la cagette reste son support, et la peinture dorée est « simplement » esthétique. Enfin, l’œuvre se présente aussi comme une expérience, puisque les légumes ont évolué avec le temps et ont commencé à pourrir, avec bien-sûr un impact de la peinture sur leur vieillissement.


Musique passante, 2020-2021

Découpage dans du papier, photographie en n&b, installation

Série de quatre photographies en noir et blanc. Réalisée grâce à des silhouettes en papier découpées et peintes en noir, devant une ficelle également peinte en noir. L’objectif de ce projet était d’animer une partition de musique, de lui donner vie de manière non pas sonore comme on en a l’habitude, mais visuelle. L’idée était de créer un morceau universel, avec des personnes toutes différentes, d’âges, de genres ou encore d’origine variés. Cette œuvre s’inspire librement d’une série de photographies intitulée Musique de Gens, prise par Alan Mercer, qui a notamment aidé à la composition finale.

Pour ce faire, il a tout d’abord fallu utiliser des morceaux de cordelette (pouvant eux-mêmes produire de la musique s’ils sont tendus) peints en noir, afin de représenter les lignes de la partition. La mise au point est faite sur ces dernières dans chacune des photographies, puisqu’elles sont le lien entre toutes les musiques du monde : quelles que soient les notes et les accords joués, ils seront toujours écrits sur ces cinq lignes noires. L’idée était de ne poser aucun visage sur les passants. Les silhouettes sont une manière d’anonymiser les personnages, afin que chacun puisse s’identifier en eux. La notion de différence d’âge est conservée, on peut par exemple reconnaître des enfants ; mais libre à chacun de leur inventer un visage ou une histoire.  Ainsi, il était nécessaire d’observer les passants et d’en faire des croquis, pour représenter au mieux les mouvements qui animent une rue, et pouvoir la reproduire. Des silhouettes ont ensuite été découpées et peintes pour pouvoir créer une partition. La disposition et la taille des personnages correspond au type et à l’emplacement des notes (par exemple, photo 4, la femme, son chien et le passant derrière constituent une croche). Musique passante est l’une des interprétations de ce qu’est aujourd’hui la musique : un vecteur d’émotions universel.

Seul(e) en chaise, 2020
Série photographique

Lorsque Noa Brandenburg a commencé à réfléchir à un projet sur la thématique Chair/Chair, elle a rapidement eu envie d’utiliser la chaise, un objet de notre quotidien, comme un moyen de révéler la personnalité et la sensibilité des modèles. Elle a donc fait ses recherches en ayant une idée précise en tête : celle du rapport corps-objet. En 2014, l’artiste Horia Manolache a réalisé la série The Chairs, composée de paires de photos : une chaise et sa représentation humaine, ou du moins l’homme/la femme que voyait l’artiste derrière l’objet. Cette idée plu à Noa Brandenburg, et en approfondissant, elle créa le concept de Seul(e) en chaise : chaque participant devait se prendre en photo devant un mur blanc, seul avec une chaise. Elle leur a demandé de veiller à ce qu’on les voit bien, eux et l’objet, en entier dans le cadre, et à ce qu’ils soient centrés. Il a également fallu imposer un format vertical à leurs photographies, ainsi que leur unique présence dans le cadre (pas d’autres objets que la chaise). Une fois ces contraintes appliquées, ils étaient libres de proposer ce qu’ils voulaient, d’utiliser la chaise comme bon leur semblait.  L’idée était donc de faire une expérience avec des personnes différentes, de tous les âges. Chacun partait d’une base très simple : une chaise. Et pourtant, grâce à leur imagination et leur sensibilité respective, on arrive à des résultats radicalement opposés. Certains ont eu le réflexe de valoriser la chaise avant eux. D’autres au contraire se sont mis en avant par rapport à l’objet. Elle a donc regroupé des photographies très différentes, avec des modèles dont la première idée a été d’utiliser la chaise comme dans leur quotidien, en s’asseyant dessus, alors que d’autres ont immédiatement cherché à lui donner un sens différent, à la transformer.  Les résultats sont très représentatifs de chaque personnalité : on retrouve la spontanéité́ de l’enfant, la timidité parfois, l’excentrisme ou encore l’application. Ils n’avaient aucune directive, l’objectif était d’étudier le rapport de chacun à un objet, qui plus est du quotidien. Les chaises sont sublimées, révélées par leurs idées, leur manière d’être. Enfin, Noa Brandenburg a choisi le noir et blanc afin que les lumières et les couleurs qui varient entre les photos n’altèrent pas trop sur l’objectif premier : se concentrer sur l’idée. Seul(e) en chaise était un moyen de marquer les différences et les points communs ; de représenter visuellement différentes conceptions et interprétations de la chaise. 



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