

Dans l’ombre de Charlot, 2021
Anamorphose : fils de fer, papier aluminium, planche de polystyrène
Ici, Lisa Califano a souhaité travailler sur la lumière, et particulièrement les ombres, qui font partie de l’art depuis de très nombreuses années. Mais il s’agit ici d’ombres portées, une ombre projetée par un élément sur un plan du fait de la présence d’une source lumineuse, qui peut être naturelle ou artificielle. Ainsi, en s’inspirant de l’artiste Red Hong Yi, connue pour sa manière de peindre sans l’aide de pinceaux ou de toiles, mais plutôt, en utilisant des objets tels que des ballons, ou encore pour son travail sur les ombres. Lisa Califano a souhaité reprendre l’idée de son œuvre sur Star Wars en l’adaptant : grâce aux ombres, elle a reproduit les objets caractéristiques de Charlie Chaplin (son chapeau, sa canne et sa moustache), idole du cinéma muet à partir des années 1910. Ce personnage l’attire pour sa dimension burlesque, mais aussi pour sa dimension dramatique et sérieuse qu’il peut adopter, notamment à l’égard de sujets graves tels que la Seconde Guerre Mondiale, dans son célèbre film Le Dictateur (1940) par exemple. Ainsi, cela s’avère être un travail délicat puisque chaque morceau d’aluminium doit être parfaitement agencé de manière à ne pas être trop éloigné de la réalité. Mais c’est un travail plaisant, permettant d’observer la manière dont les ombres prennent forme, la manière dont on peut jouer avec la distance entre l’objet et la source lumineuse




Dans les rues de ma ville, 2020
Série photographique
Pour cette série de photographies "d’un point A à un point B", l’étudiante souhaitait travailler sur certains lieux marquants et à la fois sur le temps (du passé à l’avenir). Grâce à ses 17 années passées dans sa ville natale, Montélimar, l’artiste a pu produire une série autobiographique. Elle a fait le trajet pieds nus, pour matérialiser le temps qui passe. En effet, le degré de salissure augmente plus on avance dans le temps. La noirceur qui apparaît symbolise le chemin parcouru dans la ville. Parallèlement, plus les pieds sont sales, plus le temps avance, donc plus la peau vieillit. L’étudiante a souhaité étaler ses photographies en une journée pour suivre un ordre chronologique logique : du lever du soleil sur la première photographie jusqu’à la tombée de la nuit sur la dernière photographie. La position du pied adoptée a permis de conserver un lien entre chaque photographie ainsi que de mieux observer l’état de noirceur qui progresse. En conclusion, il s’agit donc d’un véritable moment de nostalgie, un travail sur la jeunesse et sur son histoire personnelle ; enfin le projet s’achève sur une photographie prise à la gare, synonyme du départ, de l’avenir.