Capdevila Leslie

Pierre, feuille, ciseaux…, 2021

Techniques mixtes : peintures, feutres, collage

L’ idée était de désacraliser la toile. D’abord avec la matière, en utilisant du carton d’emballage, et surtout, en le découpant. La forme du support n’est plus rectiligne, carré ou rectangulaire habituelle. Ce qui est découpé crée une image dans le vide. La main découpée peut être celle de l’artiste, comme une signature, ou elle peut représenter la spiritualité, un être supérieur, salvateur ou chaotique. Cette œuvre au-delà d’être un triptyque, le chiffre trois est très présent dans ce projet. Les 3 couleurs primaires sont utilisées, une majoritaire par pièce. Le chiffre 3 associé à une main l’a amené à penser au jeu de hasard « Pierre, feuille, ciseaux ». Ainsi il y a 3 positions, chacune rattachées à un thème : le poing pour la lutte, la feuille pour le silence, les ciseaux pour le remodelage. Dans le premier tableau, il s’agit de la lutte contre la minorité contre les puissants – avec des visages regroupés, un soleil animal comme un espoir de retour au naturel. Dans le second, la main est tendue pour couvrir la bouche d’une femme – ici, la surreprésentation du corps idéalisé de la femme est critiquée. Enfin, dans le dernier tableau, les ciseaux symbolisent l’envie de découper, diriger, contrôler ses pensées, son esprit.


Un voyage de A à Z, 2020

Série photographique 

Le sujet imposé de ce projet de photographie s’intitule « d’un point A à un point B ». La première image qui se crée mentalement à l’écoute de cet énoncé est celle d’un trait, comme on tracerait une ligne du point A au B. Ces photos documentent l’itinéraire d’un voyage qui se déroule en deux temps. D’une, le départ d’une ville étudiante Lille, l’arrivée ensuite à Paris, pour repartir directement dans la sous-préfecture du Cher. L’autre partie du projet s’enclenche dans la maison de la grand-mère, celle-ci a une dimension autobiographique. Se faisant, l’étalement familial est illustré dans sa multiplicité, d’abord géographique puis générationnel. Le trait prend quelques tournants et bifurque, A et B ne suffisent plus, c’est ainsi que mon projet se nomme : « Un voyage de A à Z ». L’effet noir et blanc permet une plus grande homogénéité, l’œil se concentre plus facilement sur le détail et les principales composantes de l’image. Le cadre carré appuie l’influence esthétique de la New Topographics, qui photographiait les paysages modifiés par l’homme en parcourant les routes américaines. Quand Raymond Depardon présentait l’errance dans une France en changement, ce projet cherchait à capturer, dans l’itinérance, des espaces fait pour accueillir les flux humains, des « non-lieux ». Cette série se compose de lignes plus ou moins dynamiques, trouvées par exemple dans la signalétique de la gare de Lille-Flandres au départ, celles du métro parisien ; une fois sortie du train et dans des diagonales ou droites des moyens de transport humains et environnement urbain. Puis, une fois sur la route, la section entre la voiture familiale et le paysage froid de l’autoroute A1 sont capturés. Les générations, les branches composant les familles sont dispersées dans différents lieux. Les lieux sont porteurs de sens. Ici, les flèches dans l'urbanité sont le reflet de la vitalité et de l’idée de profusion. Quand intérieur populaire et usine déserte symbolisent une réalité toute autre. D’une part, l’individualité se retrouve en perdition en déambulant dans cette vaste société. De l’autre, l’individu persiste seul par son isolement. 




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