Dixon Sunita

Déconfinement, 2020-2021

Danse, vidéo, photographie

Lorsque Sunita a choisi son projet d’arts plastiques, elle voulait faire quelque chose qui lui tenait vraiment à cœur. Elle a alors trouvé son sujet dans « la danse ». Son expérience au conservatoire en Normandie a été malheureusement limitée à la danse classique, avec tout ce que cela représente de strict, précis et discipliné. Alors elle a voulu s’exprimer d’une façon beaucoup plus libre. Elle a voulu explorer une improvisation, plutôt que de suivre une chorégraphie prédéterminée. Étant si passionnée de danse, Sunita trouvait toujours du temps en dehors de ses cours pour regarder d’autres danseurs, de s’inspirer d’autres types de mouvements. Déjà très jeune, elle a découvert et adoré les images d’Isadora Duncan dansant libre et pieds nus, avec sa troupe d’« Isadorables », en bord de mer. Une image qui l’a marquée. Elles étaient toujours habillées en matières légères et diaphanes. Sunita a la grande chance d’avoir une plage à cinq minutes de chez elle, et malgré les conditions du confinement actuel, elle conservait le droit d’y aller. Alors elle a préparé ses mousselines, a attendu un jour de beau temps, et a pris une après-midi à filmer toutes les images que nous voyons. Elle a attendu le coucher de soleil afin de profiter des différents éclairages et pour faire sentir le temps qui passe. La danse est le mouvement. Le vent l’aidant, elle a pu mettre en scène le jeu de mouvement entre le corps, le tissu et la lumière. Au départ Sunita avait une autre idée d’un tournage en intérieur, mais la salle de son village lui était interdite. Lui est venue alors cette idée de danse sur une plage - symbole absolu pour elle de la liberté et du déconfinement. En quelque sorte, tout ce que ce virus nous retire actuellement. C’était beaucoup plus dur qu’elle ne le pensait de réaliser un film sur iMovie, mais elle est contente parce que ce projet lui a permis d’apprendre comment utiliser le logiciel.

Dialogue entre chair et chair, 2020

Série photographique

Sunita a réfléchi pendant un long moment sur les deux directions possibles : est-ce qu’elle allait suivre ses idées sur la chair et le corps, ou plutôt s’intéresser à cet objet aussi universel qu’est la chaise… ? Finalement, inspirée par le jeu de mot de la thématique imposée, elle a réalisé qu’elle voulait aller dans les deux directions en même temps. Que ce serait intéressant de confronter le mobile avec l’immobile, la matière inanimée avec le corps vivant. Sunita a voulu explorer jusqu’au bout de ses possibilités un dialogue avec des chaises. Dans la situation particulière du confinement, elle ne pouvait pas inviter d’autres personnes à figurer dans ses photos. Il fallait qu’elle joue elle-même le rôle du corps et profite d’une diversité de chaises qui se trouvaient autour d’elle. Alors elle a regardé les chaises en se demandant quelles sont les positions possibles qu’on peut exprimer sur ou avec une chaise. Elle allait puiser dans son expérience de danseuse. Elle voulait “dialoguer” avec plusieurs chaises différentes, se visualiser en dessous, au-dessus, derrière, devant, disparaître, faire partie de la chaise, jouer avec elle. Sunita imaginait ses images en noir et blanc, sur un fond neutre et sans ombres portés. Il y aurait juste les formes, les courbes et les angles du corps et des chaises. Rien d’autre qui pourrait compliquer les images. Alors elle a improvisé un studio sur la véranda de sa maison. Elle a suspendu de grands draps en lin pour cacher les fenêtres, et elle a attendu les journées à ciel couvert pour faire les prises de vues. Elle a décidé du cadre, installé l’appareil photo (un iPhone 7) sur un trépied, et à chaque fois qu’elle était en position et prête, c’est sa mère qui l’a assisté en appuyant sur le déclencheur. Parmi ses diverses sources d’inspiration, Sunita a pensé à l’image iconique de Man Ray avec sa femme violon vu de dos ; elle a aussi regardé des images de Jean Loup Sieff, un photographe qu’elle a eu la chance de rencontrer. Elle pensait aussi à certaines sculptures mexicaines d’art primitif.




Retour aux projets